Les réfugiés, un défi mondial

Fin 2015, le monde comptait 65 millions de réfugiés et de personnes déplacées selon les Nations unies. Un chiffre considérable qui a doublé en cinq ans, et auquel il convient d’ajouter 180 millions de migrants qui ont tout quitté en quête d’une perspective économique et sociale. Le défi migratoire, en ce début de XXIe siècle, est un défi mondial. Le premier sommet des Nations unies sur les réfugiés, qui s’est ouvert aujourd’hui à New York, entend susciter une prise de conscience et la mise en œuvre de réponses globales.

« Il s’agit d’inciter les pays qui n’ont pas encore apporté leur contribution à le faire », a expliqué la porte-parole du ministère allemand des Affaires étrangères, Sawsan Chebli. « Nous voulons faire un travail de sensibilisation pour permettre à la communauté internationale de mieux gérer la catastrophe des réfugiés ».

 Outre un rappel des devoirs de protection des réfugiés et des migrants inscrits dans le droit international, le sommet de New York devait donc appeler à une mobilisation financière. L’objectif est de garantir un soutien durable au Haut-Commissariat de l’ONU aux réfugiés, afin de permettre une meilleure planification.

Solidarité

 Le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller, a ainsi proposé à New York la création d’un fonds des Nations unies pour les réfugiés. Celui-ci serait abondé par l’ensemble des pays selon leurs capacités et leur bonne volonté. « Nous avons besoin d’une répartition mondiale équitable de l’effort que représente la politique en faveur des réfugiés, et d’une capacité d’action par anticipation de tous les participants », a souligné le ministre allemand.

 En attendant, M. Müller a exhorté les États à tenir leurs promesses. Près de dix milliards de dollars ont été promis en février dernier, lors de la conférence de Londres, en faveur des victimes du conflit syrien, a-t-il rappelé. Or, moins de la moitié de cette somme a vu le jour.

 Dans le contexte de la crise en Syrie et en Irak, le ministère allemand de la Coopération économique et du Développement a, lui, vu son budget quasi quadrupler en trois ans. L’Allemagne, troisième donateur mondial, a en effet doublé son budget consacré à l’aide humanitaire pour atteindre la somme de 2,2 milliards de dollars. Et sur les six milliards de dollars promis lors de la conférence sur la Syrie pour l’année 2016, 4,8 milliards ont déjà été versés, selon Mme Chebli.

 L’Allemagne sera, par ailleurs, l’un des pays organisateurs d’un sommet sur les réfugiés organisé mardi par le président américain, Barack Obama. Celui-ci aura pour objectif d’accroître de 30 % les engagements mondiaux en faveur de l’aide humanitaire par rapport à 2015 et de doubler les capacités d’accueil pour la réinstallation des réfugiés, le regroupement des familles et les programmes humanitaires d’accueil. Des promesses concrètes visant l’amélioration de la vie des réfugiés (éducation, emploi) sont également attendues. 

A.L.